30/08/2006
QUE FAIRE? ..ou le blues du retour
Après avoir jouer à « The Tommy’s world »( vi c'était presque aussi philo que Sophie!) avec mon neveu (Tommy donc), après avoir passer de merveilleuses vacances en Europe, après m’être nourrie d’affections familiale et amicale, après avoir goûté l’air pur de la nature, après m’être ressourcée culturellement et culinairement, après avoir fêté comme jamais à Paris et à Londres, après avoir lu l’excellente nouvelle de Danny Wallace « The YES man », je suis de retour dans une petite ville au fin fond du Québec.
L’objectif après m’être tellement reposée et épanouie après ce break d’été me semblait d’une évidence enfantine : retourner au Québec et briller de toute ma lumière. Je n’entends pas par là, me faire briller, non non, j’entends par là vivre avec intensité, joie et imagination.
Oui je suis devenue depuis deux ans une Yes woman…je dis oui à mes envies, mes priorités, mes valeurs, des propositions, je dis OUI. Il faut dire que cela semble me réussir, car lorsque je dis oui, je mets tous les moyens qui sont à ma disposition pour que ce oui soit une réussite.
Ce break de 5 semaines, je me le suis méritée ! Et ce fut certainement les vacances les plus émotionnelles que j’ai pu vivre jusqu’à présent. Il y en eu pour tous les goûts, des rires, des larmes, des cris et des silences.
A peine arrivée, mais je connais ces retours de vacances ou la pile de courrier et les tracasseries sont devant vous telles des remparts vous séparant de la vie hédonique et du quotidien besogneux.
Mais ce ne fut pas grave !! Avec l’énergie accumulée, j’ai fait front et tout a été réglé, étape après étapé, step by step, une chose après l’autre. Il reste encore des préparatifs pour la rentrée , mais bon , la gentille routine quoi.
Je suis revenue est je compte bien restée la Yes woman que je suis devenue, mais avec une option supplémentaire : faire chaque jour quelque chose de nouveau. En vacances, il n’y avait pas de problèmes j’ai bien tenu le rythme. 3 jours après mon retour, ça continuait à aller plutôt bien. Jusqu’à ce jour !
Et quel jour !!
Peut-être n’avais-je rien trouver à faire, peut-être le fait de reprendre le large de toutes les folies sages des vacances, peut-être la découverte de moi-même ou bien le désir d’être juste moi, peut-être la lecture d’un livre, peut-être le vide que l’on ressent quand on se sépare des gens que l’on aime si fort…quoiqu’il en soit, je l’ai fait. Oui, j’ai dit à ma mère, 3 jours après le retour des vacances (et donc au téléphone) : Heu maman…et là un long blablablabla….bon bref, je crois que je préfère les femmes.
La réaction fut extrêmement bonne, très positive et dynamisante. La perfection qualifie cette réaction. SUPER !!!
Et là depuis 4 jours, puisque nous en sommes à compter les jours, plus rien. Je n’ai plus d’énergie, plus d’envies, ou trop je ne sais plus. Quoiqu’il en soit, je gère les affaires et dossiers courants comme d’habitude, mais je me sens vide et seule.
Le plus malheureux c’est que je ne trouve presque quoi faire de neuf et ça c’est un vrai problème.
Alors, quoi faire dans une ville de petite moyenne taille au milieu du Québec quand on est vide et seule ? Ca reste un mystère pour moi. Certes je me donne encore une petite semaine car la rentrée universitaire approche et il est certain que je fasse de nouvelles choses. Je verrai plus de monde etc.
Ainsi ma mission est de chercher. La recherche c’est mon domaine. Ce qui m’inquiète un peu c’est que l’on ne trouve pas souvent, mais je ne perds pas espoir. Je veux vous dévoiler, dès que j’en serai en mesure, toutes ces choses nouvelles que l’on peut faire et qui épice l’existence. Bien sûr les suggestions sont bienvenues.
See you soon, d'ici là j'aurai trouvé un moyen d'obtenir ma dose d'intensité!
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27/07/2006
Legendes modernes 2
Mais revenons à mon chou de neveu et à l’une de nos virées dans le parc. Nous étions tranquillement en train de jouer à être des Power Rangers, à nous poursuivre et à tuer des méchants (enfin je crois parce que les règles n’ont jamais été très explicites) quand ma tête blonde préférée, s’arrêta de courir et me demanda : Dis tatie, c’est quoi la liberté ? Je m’apprête à lui répondre vite fait : « C’est comme ça ! » Quand tout à coup, je me rends compte qu’il n’est pas en train de me demandait : pourquoi il y a du vent ? ou pourquoi les filles sont différents des garçons ? ou encore pourquoi les oiseaux volent ? Non, ce n’est pas une de ces questions à laquelle, nous adultes, nous répondons avec la phrase magnifique du « c’est comme ça, c’est la nature » quand nous ne savons pas comment les choses marchent ni qui les a mises là ! Mon dieu, mais qu’est ce qu’il a ce gamin d’à peine 6 ans à me poser ce genre de question…..je shoot en touche ? je devrai lui dire de demander à ses parents, non ? La liberté tout de même, c’est pas une question facile, même pour une tatie qui va à l’école des grands !! Mais qu’est ce que j’en sais moi ce qu’est la liberté? Il croit p’tet que je suis libre moi (le suis-je ?) !!! Heu… tatie t’as entendu ma question ?Voilà qu’il simpatiente…Hein dis, hein..c’est quoi la liberté ? A quoi je pense ? Ben, je pense que c’est la panique totale ! Qu’est ce que je vais bien pourvoir y répondre moi à ce bambino ? Respirons et imaginons que je sois dans une conférence avec mes freaky collègues scientifiques. Là, un des « convives » me pose une question gênante. Pas de problème, la première réaction sera d’user de mes tricky tours de langage.
1- Faire répéter : « Qu’est ce que tu as dis ? » Parfois les personnes reformulent et vous donnent des pistes de réponses, et au pire des cas cela laisse quelques minutes pour forcer le cerveau à une marche forcée. « Je veux savoir ce que c’est que la liberté ! ». Il me le répète en anglais pour ne pas qu’il y ait de confusion possible ! (il est bi langue et veut se faire comprendre, normal !)
2- Puisque cela n’a pas marché, reformuler la question, toujours histoire de gagner du temps : « Tu veux savoir où se trouve la statut de la liberté ? » . « NON TATIE, je veux savoir ce que c’est que la liberté !!! » (good one for me ! Il ne faut pas avoir honte).
3- Donner un choix : « Tu ne préfèrerais pas savoir comment on fait les bébés ? » « NON la liberté, mais pourquoi pas après, j’aimerai bien savoir comment on les fait les bébés. Ils ne naissent pas dans les roses ? » (tatie ou l’art de se mettre in a deep s*ù$t !!!) « Heu, si si , bon au moins ça tu le sais ! »
4- Remettre à plus tard : « Oh tu sais là nous sommes en train de jouer et cela va prendre un peu de temps de te parler de la liberté, alors je te répondrai en rentrant à la maison, après souper, le bain et le livre du soir (sûre que là il aura oublié) ». «NON TATIE, dis, aller dis »
5- Nier tout en bloc : « Oh mais tu sais de toute manière , la liberté ça n’existe pas, c’est juste une légende ! » (ET toc à la fin !) « Hein ? non c’est même pas vrai ! » (hey pleure pas gamin ok, c’était pas sympa de ma part).
6- Expliquer avec des mots un peu compliqués (pour un enfant de 6 ans qui parle anglais la plupart du temps et faire semblant que je maîtrise le sujet): « Tu sais la liberté c’est être intègre et conforme avec ses propres croyances et valeurs sans vouloir annihiler celles des autres. » « Hein ? » (c’était pourtant pas difficile, pas vraiment intelligent finalement ce petit !)
7- Revenir à des choses très basiques : « OK et bien la liberté c’est quand on est pas en prison ! » Est-ce que vous avez déjà vu un gamin lever un sourcil dubitatif voulant dire quelque chose du genre : « you ‘re so sad ! » ? Moi oui, juste à ce moment là !
8- Prendre son courage à deux mains et tenter de répondre pour de vrai : « La liberté, mon cœur, dépend d’où tu te trouves sur la planète. Tu vois, il y a des endroits dans le monde où les gens ne peuvent pas penser, ni faire ce qu’ils veulent . Des gens leur disent quoi faire. Ce n’est pas comme maman et papa qui te « conseillent » de finir ton souper ou de boire ton eau ou de mettre de la crème solaire. Il y a des endroits où il y a comme un chef qui pense avoir raison et tout le monde doit faire ce qu’il dit. Nous on peut faire à peu près ce que l’on veut si on suit la loi. Alors on devrait pouvoir être libre d’être vraiment qui on est. » « heu… je crois que vois, mais moi je suis libre d’être qui je suis même si je n’ai pas le droit de tout faire !» « Oui tout à fait ! Et tu as bien raison ». Et c’est à ce moment là que je me suis demandée, quand a eu lieu le passage entre ma liberté enfantine et mes chaînes d’adultes.
9- Avouer simplement que l’on ne sait pas tout : « Il y a certains mots dans le langage qui peuvent avoir différentes définitions dépendamment des personnes, du lieu ou de la date. Pour ma part, je crois que je ne sais pas vraiment ce qu’est la liberté, mais peut-être demande à ton papa ou à ta maman, et ils te diront ce qu’ils en pensent. » « Merci Tatie » (Là c’est bien mon neveu !)
Alors forcément, rentrée à la maison, je me jette sur l’ordinateur et contacte une of my best mates, la plus douce et jolie des philosophes que je connaisse. Après lui avoir écrit les dernières nouvelles, j’ai tenté un « heu au fait heu, ouai, c'est-à-dire, tu vois, heu, c’est quoi pour toi heu la liberté ? ». La réponse ne tarda pas à arriver. Au milieu d’un email me relatant un fantastique voyage et avec une telle facilité, la réponse était devant mes yeux : «Ca doit être quelque chose comme la possibilité de vivre son être-soi sans s'aliéner jamais (par auto-restriction ou pression extérieure par exemple). C'est vivre qui l’on est, c'est-à-dire pas seulement l'ëtre mais l'incarner, l'actualiser.» J’avais u peu raison, du moins nous sommes pas mal d’accord sur ce point.
Il est certain que je n’aurai pu répondre cela à mon neveu. Cette simple question m’a un peu chamboulée. Depuis combien de temps, ne me suis –je pas interrogée sur la liberté ? Suis-je vraiment libre ? Quelle est ma prison ? Est-ce que j’en connais les barreaux ?
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21/07/2006
Legendes modernes 1
Ce sont les vacances et je me trouve comme très souvent à Londres. J’y accoure dès que je peux car j’ai la chance d’y voir mon neveu. Le petit ange est toujours heureux de pouvoir faire les 400 coups avec sa tatie de l’amérique du nord.
Elle est gentille tatie, un peu bizarre, mais vraiment drôle. Papa et maman travaillent à l’école, mais elle, elle va à l’école des grands. En plus, même que quand elle aura fini son école des grands, elle a dit qu’elle m’achèterait un vélo neuf. Je sais pas quand ça finit son école parce que ça fait maintenant longtemps qu’elle y est. C’est chouette une tatie cool. J’aime faire ce qu’elle dit et pi elle fait ce que je veux alors ! On s’amuse toujours quand elle est là. C’est bête qu’elle soit si loin, mais c’est la vie comme ils disent parfois les grands.
Ils sont marrants et tellement attendrissants les gamins. Je repense à une des conversations que j’ai eu avec mon ami professeur de théologie et d’histoire, un jour durant un déplacement en voiture. Il maintenait qu’il ne voulait pas d’enfant. Du haut de mes tout jeunes trente ans et, surtout, par esprit de contradiction, je prenais la position de celle qui en voulait même s’il m’était bien souvent arrivée de penser que tel n’était pas le cas!Pour cet ami de longue date, la vie n’est surtout que souffrance et force est de constater que c’est relativement vrai. Il ne voudrait pas faire ce mauvais coup à un autre individu qui n’a rien demandé. C'est-à-dire qu’il ne veut pas promettre à un petit de son sang, fabriqué en partie par lui, qu’il serait malheureux alors que c’est ce qui arrivera. Le pire de l’histoire, toujours selon lui, c’est qu’il ne pourrait même pas lui promettre le bonheur.
Forcement il y a de quoi être en désaccord. Il y a de grandes chances que le petit soit heureux. Pour ma part, nous avons pour mission, sur cette bonne vieille terre de faire de notre mieux. Pour moi, chaque individu est unique et porte en lui une part de divin. Il ne tient qu’à chacun de tenter d’être un pur humain. Mais attention, j’entends par humain toutes les bonnes choses dont l’être humain est capable. Nous avons le pouvoir d’abstraction, le pouvoir de comprendre nos émotions, le pouvoir de compassion, d’aider son prochain, j’en passe et des meilleurs. Je vois à l’intérieur de tout individu, le pouvoir de faire avancer notre espèce vers un conscience supérieure et foncièrement bonne. Et c’est ce que je lui réponds !
Là, mon ami me fixe du regard (moi je préfère regarder la route parce que je conduis, et j’y tiens encore un peu à ma vie). Il a l’air vraiment touché par ce que je dis et je commence à sourire en coin devant mes belles paroles au goût de sermon. Tout d’un coup il secoue la tête. Ce ne sont pas des yeux pleins d’admiration qu’il a (bon je regarde la route, je n’ai pas bien vu c’est tout !). Je crois qu’il me regarde comme la dernière des innocentes. C’est à son tour, il semble, de faire son plaidoyer. Il me dit alors que nos vies ne valent pas grand chose et qu’il est faux de dire que nous avons une valeur inhérente au fait d’être en vie. Je passe les exemples horrifiants des bébés qui ne naissent pas dans une famille classique dans lesquelles chacun en va de son béboubababboubebebbouh le bébé , qu’il est mignon le bébé !, mais de celles où l’on ne lui reconnaît rien, juste rien, il n’est rien (quand ce n’est pas pire). C’est le genre de discussion qui laisse songeur croyez moi.
En fait, d’après lui, si nous faisons des enfants c’est pour pouvoir nous prolonger, prolonger notre existence. Le problème c’est que vu ce que l’humain fait actuellement sur la terre , il est certain que cela ne donne pas tellement envie de le prolonger…. En fait, il paraît que la terre serait remplit de personnes égoïstes dont le seul objectif est le profit. Du coup, on s’en fout si des gens meurent de faim puisque c’est de notre bien être dont il s’agit.
Finalement a bien y réfléchir, qu’est ce que cela ferait si je devenais vraiment égoïste? Qu’est ce que cela ferait si je ne prenais pas du tout en compte les autres. Puisque j'appartiens deja aux "bien lotis", je ne pourrais que mieux faire, etre au top, the best, maitre du monde, etc.... Disons que dès que je veux quelque chose, je le prenne de grès ou de force, juste parce que je le veux. Certes, je n’aurais peut-être pas beaucoup d’amis, mais ce n’est pas grave je n’ai qu’à faire des enfants et ils s’occuperont de moi une fois que je les aurais nourris, blanchis et éduqués !
La conclusion de tout cela c’est que l’humain a peur de se retrouver tout seul à l’âge grabataire, du coup il pond quelques marmots qui pourront s’occuper de lui quand il sera vieux.
J’ai pensé à un nouveau concept. On pourrait faire mieux que d’avoir des enfants pour s’occuper de nous. Oui, parce qu’au final, il faut tout de même les entourer, les langer et surtout bien, bien, très bien les élever pour qu’ils se sentent suffisamment reconnaissants et nous aident par la suite. Or, il y a tout de même quelques risques pour que les choses ne se passent pas comme prévu…les jeunes d’aujourd’hui, faut pas croire, mais ce n’est plus ce que c’était !
Alors je pense que je devrais créer une espèce de « contrat de vieillesse ». On passerait un contrat avec le peu d’amis (ou même ennemis finalement) que l’on a pendant notre existence. Une fois réunis, nous achèterions un endroit sympathique tout confort et près des services de santé. Nous trouvons une planque pas trop loin des bars et restaurants…et nous nous occupons chacun les uns des autres. Parce que nous nous connaissons, nous savons que nous sommes tous d’anciens égoïstes alors, principalement, nous faisons en sorte de ne devenir qu’un, une sorte de fusion : plusieurs vieux égoïstes amoindris se réunissant pour ne faire qu’un seul groupe égoïste. Cela ne peut que fonctionner !!! Et puis comme activités, plutôt que de se faire une partie de scrabble, on peut élaborer de bons vieux coups méchants d’égoïstes pour, par exemple et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, que le plus jolie des serveuses soit tellement charmée par notre groupe de vieux (les autres étant tellement monter les uns contre les autres…par qui à votre avis ?) , qu’elle soit ravie d’être aux petits soins pour nous. Après la sieste, on pourrait s’asseoir sur un banc et donner des miettes de pain aux pigeons pour qu’ils se rapprochent de nous et au dernier moment, leur donner des coups de cannes….non, franchement, c’est n’est pas un de mes meilleurs concepts créés à ce jour ? Enfin, au cas où faire des enfants soit vraiment une question d’égoïsme. Alors qu’il vienne celui qui osera me dire que je ne veut pas d’enfant parce que je suis égoïste ! Maintenant je suis prête, j’ai trouvé la solution et je pourrai lui répondre ; « et ben vouai et alors, t’avais qu’à être plus malin !Tu sais combien cela me rapporte mon concept de "contrat vieillesse"? !!! »
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