24/05/2005
Bad girls 7
Quels sont les sentiments qui m’animent pour cette serveuse ? En tout cas, j’ai beau les refoulés pour des raisons purement « scientifiques », ils sont. Je l’aime et je l’avoue. Est-ce que j’en ferai quelque chose ou je les accepterai tout simplement, sans vouloir à tout prix les satisfaire ? Pour le moment, je choisis la deuxième option.
Car la réalité est la suivante. En devenant une habituée, il y eu forcement plus d’échanges que dans ce rêve pathétique qui me hante encore. Donc les échanges d’usage furent nombreux. J’arrive à lui parler, mais on ne peut pas dire qu’il y ait une intimité particulière. Les choses vont–elles changer ?
Voici maintenant une semaine que j’ai fait ce rêve. J’ai du m’absenter de Londres pour une mission à Paris. Suite à un accident que je qualifierai de ménager, j’ai eu une grande blessure sur l’intérieur de mon avant bras. Non seulement c’était douloureux (compatissez) mais d’une laideur certaine.
Je reviens dans mon café alors qu’il ne me reste à peine plus d’une semaineà Londres pour clore certaines formalités et passer du temps avec des êtres chers à mon cœur. Quel bonheur de me voir accueillie avec un large sourire par l’ensemble des serveuses et Justine. Elle s’approche de moi et me dit : « Cela faisait longtemps (hihi elle a remarqué !), un black coffee as usual ? ». Oui, oui, c’est ça. J’ai mon livre sous le bras et m’apprête à passer une de ces plus somptueuses heures où les yeux se laissent charmer par la vue de cette nymphe et le contenu de mon bouquin.
Lorsqu’elle revient avec ma commande, elle m’interroge sur la nature de ma plaie apparente. Un brin d’humour et de mystère mélangés suffisent à satisfaire sa demande. Mon humeur pétille d’espièglerie aujourd'hui. En partant, je passe à côté d’elle après de nombreux sourires échangés. J’ai fini de recueillir mes données, au diable mes retenues oniriques. « Hey, ce serait sympa que nous allions boire un verre un de ces soirs ! » Surprise. C’est bien moi qui dit cela avec un naturel désarmant. « Oui, le jeudi soir, je vais à l’ancienne église transformée en pub, tu vois ? » dit-elle. « Super, on se verra peut-être là-bas ! » détachement suprême de ma réponse. « Oui enfin, il y aura aussi mon copain », ajoute-t-elle. « Mais pas de problème ! » sort de mes lèvres sourire jaune (pas mes dents, juste le sourire !).Nous sommes mercredi, très bien cela me laisse le temps de me préparer.
Je passe donc quelques coups de téléphone et recrute deux de mes connaissances pour sortir le lendemain au pub. Rendez-vous pris.
Je ne passe pas au café durant ce jeudi, mes obligations m’ affairent ailleurs. Tranquillement le cœur léger, je traverse la journée heureuse de pouvoir enfin faire vraiment connaissance avec elle. Vous vous rendez compte passer une soirée entière entre des pintes de bière et Justine ! Je flotte plus que je ne marche.
Arrivée devant le pub avec mes acolytes de la soirée, le cœur s’emballe. Allons-y. Le pub est immense et misère, je n’ai pas pris mes lunettes. Par coquetterie et peur de ne pas pourvoir faire le regard qui tue sous les verres, je me retrouve dans un flou tristement artistique. La soirée ne fait que commençait , j’aurai bien le temps de faire le tour et de dévisager les quelques 80 ou 100 personnes présentes. Je ne doute pas de mon acharnement. Et les pintes défilent, et les heures aussi. Des aller-retour et des détours, rien n’y a fait, je ne l’ai pas trouvée. Je rentre en ayant trop bu et en traînant mes belles chaussures mises pour l’occasion sur le bitume de cette ville que je me prends à détester. Connaissez-vous la frustration suprême ? C’est assez envahissant comme émotion. « Le monde prend les couleurs des yeux avec lesquels on le regarde ». Et bien, il est noir. D’accord il est 3 heures du matin, mais quand même !
C’est réveil vaseux pour une déçue de l’existence. Pas de doute, aujourd’hui je dois aller au café, au moins pour la voir. Le rêve me rattrape. Ca y est je fais une fixation. Mais, foi de Mélusine, dans la réalité je suis moins poltronne. Nous verrons ce que nous verrons (vivrons ?). Encore une rue et j’y suis dans ce café !! J'avale ma salive avec difficulté en m’apercevant, qu’elle n’est pas là non plus ! On m’aurait menti ? Double dose de frustration pour la table 8, s’il vous plaît !
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