23/06/2005

Cupidon joue avec Mélusine ...fin

La voilà face à la jolie petite créature qui l’accueille, comme à son habitude avec le plus beaux des sourires. Mélusine est gênée car son dégradé rougeoyant vient d’apparaître à son visage. Elle ne comprend pas pourquoi tous ses membres sont endoloris et le cerveau bouillonnant. Après plusieurs bégayements, elle dit : « Petite créature est-ce vrai que tu ne peux aimer que les elfes ? » « Oui, c’est exact mon amie, tout comme mes aïeux depuis que le monde magique existe. » répliqua la créature de sa voix suave. « Je dois t’avouer que moi je t’aime plus que jamais j’ai aimé. Et pour te dire la vérité, je n’ai d’ailleurs jamais aimé quiconque à part toi. », expira Mélusine hypnotisée par les yeux flamboyants de la créature. « Je suis désolée gentille petite fée et, en même temps, vraiment flattée. Tu es une très chère amie avec qui j’adore rigoler. J’espère que nous pourrons conserver la belle relation que nous avons débuté. » A ces mots, la fée ne peut qu’acquiescer, mais une douleur étrange est en train de se propager jusqu’aux bouts de ses pieds. Mélusine veut s’en aller et la créature, avant de la laisser partir, lui rappelle qu’elle sera là si elle veut lui parler.

C’est un tonnerre effroyable qui se déchaîne dans le cœur de la fée. Tout est gris et sent mauvais. Si elle pouvait voir une plaie, elle pourrait peut-être la panser, mais c’est comme si elle saignait de tous côtés. A chaque minute, des bris de cristal brisent ses oreilles d’un bruit assourdissant. Mélusine ne veut plus sourire, elle ne veut que pleurer. Ses ailes se ternissent et il lui ait impossible de boire ou de manger. Elle se recroqueville sur sa douleur et s’enferme chez elle pour ne plus y bouger. « Que ça fait mal d’aimer un être qui ne peut vous aimer ! Je déteste l’amour. Je savais que j’avais raison de le défier. Il ne vaut pas mieux que les peines. Ca ne devrait même pas exister. Une telle douleur est insupportable, j’aimerai tout oublier. » sanglote-t-elle sur son oreiller tout mouillé. Plusieurs jours durant, elle reste ici à soupirer et lutter contre la douleur qui ne veut plus la laisser. Elle ne dort plus de peur de voir la créature dans ses rêves et au matin de retrouver la réalité : jamais elle ne pourra l’aimer. Le petite fée est très affaiblie et ses yeux sont cernés. Ses amis ne la voyant pas leur rendre visite comme à l’accoutumé commencent vraiment à s’inquiéter. Mais où donc est passée la petite fée ? C’est tout d’abord au lutin Gugusse de s’alarmer. Il va voir Mélusine et la trouve tremblante de douleur. Elle dit des choses horribles sur l’amour, des choses pas du tout vraies. Pourtant, son aventure semble tellement injuste qu’il ne peut la juger. Le lutin est le roi de la bonne humeur incarnée alors forcement, pendant un temps, il est déstabilisé. La fée qu’il a toujours connue sautillant en souriant sous des regards intéressés semble avoir quitté le corps abîmé qu’il est en train de regarder. « Cela ne va durer ! Je sais moi que le temps soigne beaucoup. Et ce qu’il te faut, c’est faire la fête avant tout. J’ai apporté avec moi du nectar de la fleur spéciale et on va le boire d’un coup !! » s’exclame le Gugusse. « Si !! c’est vrai amuse toi, tu est vivante ce n’est que ton cœur qui est touché. ». « Donne moi du nectar, je vais le boire pour oublier. » répond enfin Mélusine. Après avoir tout avalé, elle s’endort écoeurée. Le réveil est pénible est la douleur n’a fait que redoubler.
Vient ensuite la nymphe des rochers. Elles sont de grandes amies, nul doute qu’elle va pouvoir l’aider. L’état de la fée est inquiétant, il faut agir sans plus tarder. Elle s’assoie près de Mélusine qui s’est cachée dans un coin de la pièce et dit : « Gentille petite fée, j’ai une chose à te dire et je te promets que c’est la vérité. Je voudrais que tu m’écoutes avec une grande attention. Si le soleil est trop prêt de toi, tu as chaud mais il peut te brûler. Si le soleil s’éloigne peut-être auras-tu un peu plus froid, jusqu’au frisson parfois, mais tu seras toujours éclairer par sa lumière. » Et déposant un baiser sur le front de la fée, la nymphe se retire laissant quelques notes de musique traîner derrière elle. Les jours passent…Gugusse repasse. « Vient Mélu, ce soir, c’est gros party ! » s’époumone-t-il les yeux déjà rougis par le nectar ingéré. Mélusine finit par céder et sort de chez elle pour aller danser mais tout ceci est forcé. Les jours passent…l’état de la fée est loin d’être régulé. La nymphe, Gugusse et Nenuf se réunissent et décident d’aller voir le grand Mage pour en terminer. Les jours passent…Mélusine étant inconsolable, le Mage devra se déplacer.

Parfois, pourtant, à certaines heures de la journée, la fée commence à pouvoir respirer. Elle mange quelques miettes de pollen mais ne fait encore que picorer. Alors qu’elle se croit débarrassée, la douleur revient de plus belle et les idées se noircissent. Dès qu’elle pense à la créature, sa poitrine est déchirée.

Le grand Mage consent à voir la petite fée. Lui aussi est un ami de longue date et il sait que le temps est arrivé d’aller lui parler. De sa voix profonde et de toute sa hauteur, il s’adresse attendri à la fée blessée : « Mélusine, c’est une promesse que je te fais, un jour tout va mieux aller. Il faudra encore quelques semaines ou peut-être des mois, mais tu vas y arriver. Est-ce que tu comprends ce qui se passe ? » « Oui je suis folle d’amour et c’est pas ce que je voulais. Je déteste aimer. Plus jamais non plus jamais, je me laisserai aller à aimer !!! » bougonne violement celle qui fut une si belle fée. Le grand Mage reprend sans se démonter : « Alors c’est que tu n’as pas encore compris ce qui t’es arrivé ! Vois-tu petite fée, l’amour est un sentiment avec lequel il ne faut pas jouer. Comprends-tu les pleurs de ceux avec qui tu t’es amusée ? » « Oh oui et je leur demande de m’en excuser ! Si j’avais su, jamais je ne l’aurai fait ! » se lamente Mélusine. « Et bien c’est un bon début, mais ce n’est pas tout. Laisse moi t’expliquer la suite. » Le Mage qui est immensément grand et bon, installe la fée dans le creux de sa main. Elle est devenue vraiment menue et fragilisée. Tendrement, il reprend : « L’amour est un sentiment extraordinaire. Sa puissance peut-être ravageuse comme merveilleuse. Tu as été suffisamment apaisée pour pouvoir en être touchée. Ceci veut dire, chère enfant, que tu as appris à être moins méfiante et beaucoup plus confiante. Je t’en félicite, c’est un grand progrès. Tu peux être fière de toi à ce sujet. » « Oui c’est vrai », admet la fée. « A présent, je sais que tu as mal, mais en es-tu morte pour autant ? » « Non, j’espère que cela ne va pas arriver ! » se choque Mélusine. « Non, tu vois tu es forte, encore plus qu’avant » répond le Mage. « Je m’en fiche d’être forte, je suis une fée et des pouvoirs m’ont été donnés. » l’espièglerie de la fée commencerait-elle à se réveiller ? « Mélusine, que disais-tu, tout à l’heure, sur le fait de jouer avec les sentiments des autres ? » dit le Mage. « Hum, ah oui, je sais que je ne vais plus oublier », affirme –t-elle.

Le Mage parle encore plus profondément : « Donc tu es confiante, forte et tu vas dépasser cette épreuve qu’il était temps que tu vives. Tu viens de connaître les plaisirs de la vie d’une fée mature, le pouvoir d’aimer et de se laisser aimer. Avec le chagrin d’amour que tu vis, tu découvres la faiblesse physique et la peine. Toutefois, tu as gagné une part d’esprit et le sens du jugement dans le respect de l’amour de chacun. Je crois que se sont refermées définitivement les portes de l’enfance et de l’immaturité. » Mélusine semble paniquée : « Hey ! Non ! Je veux encore rire, chanter, sauter, virevolter et garder mon âme d’enfant ! ». « Oh mais tu vas les garder ! Ils vont même être exacerbés, mais tu le vivras avec honnêteté. Ce qui est une belle chose que tu viens de gagner. » Mélusine réfléchit et sent bien qu’au fond d’elle, quelque chose s’est transformé. Elle n’est plus une gentille petite fée, mais une femme fée.

Elle reprend : « Mais comment je fais avec la jolie petite créature ? Ne la reverrai-je donc jamais ? » Le Mage répond : « Va la voir et commence à discuter des saisons ou des bleuets…Petit à petit, tu sauras retrouver votre complicité sans que tu n’en sois troublée. Je te quitte, reste encore un peu tranquille, mais tu sais que nous avons tous besoin de notre fée. Dés que tu seras prête, vient profiter de tes nouveaux dons qui viennent d’éclore. » et le Mage disparaît.

Mélusine se remet peu à peu, et décide d’aller voir la jolie petite créature. Cette dernière est contente de la voir et l’invite tout de suite à s’installer à côté d’elle dans le pré. La fée est un peu crispée, mais arrive à parler. La petite créature comprend et ne veut pas la brusquer. …….
Comment l’histoire se termina ? A votre avis ? Mélusine a de la ressource à tout va. Un jour elle trouvera quelqu’un à aimer et qui l’aimera.

Morale de cette histoire : Ostie que ça fait mal !!! Mais au moins on sait qu’on est en vie.
Deuxième morale de cette histoire : Sans les amis, c’était mal parti !!!

Mais chacun voit midi à sa porte…alors….trouver la votre.

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