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17/07/2005

AU REVEIL...

Un jour je me suis réveillée


Je ne comprends pas toujours comment les changements se font en nous. Je pense, que les conseils des autres ou leurs exemples sont sources de compréhension. Parce que parfois, il est bon de ne pas uniquement se regarder le nombril mais de plonger à deux pieds dans notre ombre. Si je n’aime pas quelque chose chez quelqu’un, je peux être à peu près sûre qu’il s’agit d’un côté de moi, forcement humain, que je ne veux pas voir….par habitude, lâcheté, aveuglement ou manque de conscience.

Et ce matin, je me suis réveillée. Oh ! je me suis souvent réveillée sur des points obscurs de mon existence, et c’est déjà un bon début. Le chemin est encore long, mais c’est l’avenir des Hommes que d’apprendre à se connaître pour pouvoir connaître les autres. Et au final, je le sais atteindre la paix de l’âme en passant par sa peine.

Je me suis réveillée en voyant que bien souvent , je vis sur une île d’illusions et d’idéalismes. La défense de ce monde si parfait n’est qu’une limite, enfin plutôt plusieurs. Il n’y a pas d’autre fatalité que celle que l’on veut bien se définir.

Au réveil, je ne veux plus être martyre de la foi de mes convictions, de mes visions. Tout d’un coup, après cette nuit d’un sommeil oublié, remontent à ma conscience mes positions de victime illégitime. D’accord, c’est pas très beau et c’est un peu difficile à accepter, mais qu’est ce que l’on se sent léger après. Avec un brin d’humour ou de tendresse, je finis même par sourire devant le nombre de fois où je me suis débattue de toutes mes forces dans un problème créé par personne d’autre que moi-même.

Je n’ai pas de solution universelle, sinon que de regarder autour de soi, de regarder son Soi et parfois son Moi. ;-) . Et chacun est différent et chacun va à son rythme. Certains ont la solution, sont bien avec eux-mêmes sur certains points et pas d’autres….a chacun son destin, qu’il tient lui-même en main s’il sait être courageux et non obstiné.

Je ne rends pas les armes puisqu’il ,dès le début n’y avait pas lieu de les lever.

Mélusine n’ai plus….mais elle a été. Comme toutes les illusions, elle pourra réapparaître en cas de coups durs….ou pas si je la reconnais.

L’amour est là et c’est bien. Il a failli se transformer en tyran. C’est qu’il n’était pas compris par moi-même. La vie est pourtant si simple.

J’emprunterai les mots de Jung :
« Le problème de l’amour constitue une des grandes souffrances de l’humanité et personne ne doit avoir honte de lui payer son tribut. »
« La connaissance ne repose pas seulement sur la vérité mais aussi sur l’erreur. Je ne taxe pas d’obscurantisme un homme qui confesse son ignorance, mais celui dont la conscience n’est même pas assez développée pour qu’il se rende compte de son ignorance. »
« Une vérité, dans notre monde farci de trompe-l’œil, est quelque chose de si précieux que personne ne consent à renoncer à la sienne pour tenir compte des quelques exceptions qui chacun le prétend, ne font que confirmer la règle, il en résulte que quiconque ose exprimer quelque doute apparaît comme un trouble-fête nuisible et importun ; et c’est pourquoi une nuance d’impatience et de fanatisme se mêle partout à la discussion.
Pourtant chacun ne porte le flambeau de la connaissance qu’une courte traite jusqu’au prochain relais. Si l’on parvenait à comprendre ces relèves autrement que sur le plan personnel, si l’on s’accordait, par exemple, que nous sommes par les créateurs personnels de nos vérités, mais seulement leurs exposants, pas mal d’amertume et de venin serait évité et notre regard serait libre pour l’étude des enchaînements profonds et supra personnels de l’âme humaine. »
« Nous apprenons quotidiennement que nos affects ne sont jamais à la hauteur de notre intelligence. »
« Pour être libre, il faut en premier lieu vaincre la barbarie. On y parvient en principe quand on sent et perçoit les causes et motivations de sa moralité comme les éléments de sa propre nature et non comme des bornes extérieures ».

J’ai terminé ce blog. Ce n’est pas une fuite mais une liberté retrouvée. C’est que j’ai envie d’aller vivre maintenant!
Merci à mes amis et à tout ceux qui l’ont suivi. J’espère qu’ils ont ri. Il y a un enseignement dans toute chose.
Merci à elle pour sa patience et, simplement, d’être restée celle qu’elle est.

Epitaphes?

Une Martyre
Dans « Les fleurs du mal »
Beaudelaire

Au milieu des flacons, des étoffes lamées
Et des meubles voluptueux,
Des marbres, des tableaux, des robes parfumées
Qui traînent à plis somptueux,
Dans une chambre tiède où, comme en une serre,
L'air est dangereux et fatal,
Où des bouquets mourants dans leurs cercueils de verre
Exhalent leur soupir final,
Un cadavre sans tête épanche, comme un fleuve,
Sur l'oreiller désaltéré
Un sang rouge et vivant, dont la toile s'abreuve
Avec l'avidité d'un pré.
Semblable aux visions pâles qu'enfante l'ombre
Et qui nous enchaînent les yeux,
La tête, avec l'amas de sa crinière sombre
Et de ses bijoux précieux,
Sur la table de nuit, comme un renoncule,
Repose; et, vide de pensers,
Un regard vague et blanc comme le crépuscule
S'échappe des yeux révulsés.
Sur le lit, le tronc nu sans scrupules étale
Dans le plus complet abandon
La secrète splendeur et la beauté fatale
Dont la nature lui fit don;
Un bas rosâtre, orné de coins d'or, à la jambe,
Comme un souvenir est resté;
La jarretière, ainsi qu'un œil secret qui flambe,
Darde un regard diamanté.
Le singulier aspect de cette solitude
Et d'un grand portrait langoureux,
Aux yeux provocateurs comme son attitude,
Révèle un amour ténébreux,
Une coupable joie et des fêtes étranges
Pleines de baisers infernaux,
Dont se réjouissent l'essaim des mauvais anges
Nageant dans les plis des rideaux;
Et cependant, à voir la maigreur élégante
De l'épaule au contour heurté,
La hanche un peu pointue et la taille fringante
Ainsi qu'un reptile irrité,
Elle est bien jeune encor! - Son âme exaspérée
Et ses sens par l'ennui mordus
S'étaient-ils entr'ouverts à la meute altérée
Des désirs errants et perdus?
L'homme vindicatif que tu n'as pu, vivante,
Malgré tant d'amour, assouvir,
Combla-t-il sur ta chair inerte et complaisante
L'immensité de son désir?
Réponds, cadavre impur! et par tes tresses roides
Te soulevant d'un bras fiévreux,
Dis-moi, tête effrayante, a-t-il sur tes dents froides
Collé les suprêmes adieux?
- Loin du monde railleur, loin de la foule impure,
Loin des magistrats curieux,
Dors en paix, dors en paix, étrange créature,
Dans ton tombeau mystérieux;
Ton époux court le monde, et ta forme immortelle
Veille près de lui quand il dort;
Autant que toi sans doute il te sera fidèle,
Et constant jusques à la mort.



Une autre vie
Isabelle Boulay


Quand il faudra recommencer
Puisqu'on nous donne une autre chance
Rien que pour être à vos côtés
Je dirais : "Je recommence"
J'espère encore une autre vie
Mais pourra-t-elle suffire
Pour tout c' que j'ai omis de vous dire ?

D'un mot doux
Dites-moi où vous retrouver

Juste une autre vie pour pouvoir
Remercier la Providence
Puisque sans vous j'aurais pu croire
Que souffrir c'est de naissance
Et peut-être envoyer au ciel
Deux fleurs dans un vase
Puisqu'il a voulu qu'on se croise

D'un mot doux
Dites-moi où vous retrouver
Mes plus douces romances
Sont dans tout ce silence
Où je pense à vous
Dites-moi où vous retrouver

A celui qui va décider
J'ai bien envie de demander
Le maximum
Comme une double éternité
Une autre vie à traverser
Ensemble, en somme

C'est pas des vœux de cinéma
C'est pas des souhaits à la légère
C'est un fil entre vous et moi
C'est mon point de repère
C'est du sincère et du précieux
C'est toute une croyance
Si c'est vrai que tout recommence

D'un mot doux
Dites-moi où vous retrouver
Mes plus douces romances
Sont dans tout ce silence
Où je pense à vous
Dites-moi où vous retrouver


16/07/2005

Instants philosophiques?

"Comment"
Devant un obstacle, un être humain a souvent pour premier réflexe de se demander:"pourquoi y a t il ce problème et de qui est-ce la faute?" Il cherche les coupables et la punition que l'on devra leur infliger.
Il y aura toujours une grande différence entre ceux qui se demandent "pourquoi les choses ne fonctionnent pas" et ceux qui se demandent " comment faire pour qu'elles fonctionnent". Pour l'instant le monde appartient à ceux qui se demandent "pourquoi". Mais l'avenir appartient forcement à ceux qui se demandent "comment".
bernard weber

"Je pense que la générosité est l'essence même de l'amitié"
Oscar Wilde


L'instant
La philosophie

Le temps de l'accomplissement est le présent lui-même. Qu'il soit un bref moment de jouissance ou un présent large et dense, on peut le considérer comme un simple instant si on le compare au temps d'une existence entière. Selon Schopenhauer, seul le présent existe, et ce qui pour Sartre caractérise la conscience, c'est la « présence à soi », qui est aussi la présence au monde et le présent lui-même. Mais l'instant n'est vécu comme « bonheur » que s'il est une jouissance et non une complaisance dans le manque.
Il est alors le plaisir. Parmi les philosophes, c'est Aristote qui, le premier, fait à ce vécu une place considérable et justifiée. Pour lui, le plaisir est une plénitude, une autonomie où le présent agréable se suffit à lui-même. Il est le couronnement de l'heureux déploiement d'une fonction comme est la beauté pour la fleur de la jeunesse. Sans oublier Epicure, songeons à nos contemporains. Aujourd'hui, l'ancien situationniste Raoul Vaneigem procède à une belle réhabilitation postmarxiste du plaisir dans « le Livre des plaisirs », et le philosophe Michel Onfray explore et exalte toutes les sensations agréables.
Les plaisirs de l'instant peuvent être simples et poétiques, comme le montre John Cowper Powys dans « l'Apologie des sens ». Celle-ci a une portée cosmique puisqu'elle révèle la nature, que le philosophe écrivain considère d'ailleurs comme l'élément fondamental du bonheur, ainsi qu'il l'explique dans « l'Art du bonheur ».
Toutes les expériences où le présent est une jouissance et où l'individu se conforte soi-même, Spinoza les désigne par le terme de « joie ». Elle est la conscience d'un accroissement de la « puissance d'exister ». Contre le dolorisme calviniste, Spinoza réhabilite le désir et la joie. Il tente de définir un chemin qui conduirait de la joie à la béatitude.
Pour nos contemporains pessimistes, comme Jankélévitch, le plaisir est éphémère. Futile et léger, il ne fait que passer, emporté par le mouvement destructeur du temps : selon lui, dès notre première heure, nous préparons notre mort. Un autre rapport à la mort est proposé par Freud : le plaisir serait une tentative pour retourner à l'inertie de la matière, c'est-à-dire à la mort. D'autres penseurs disent que l'instant, s'il est heureux, intense et significatif, est porteur d'éternité.
A ce propos, Kierkegaard, le penseur existentiel chrétien des années 1840, est partagé. D'un côté, le séducteur cynique connaît le plaisir de l'instant mais accompagné d'angoisse et de culpabilité. D'un autre côté, l'instant est vécu comme éternité et comme « répétition » : imitation du Christ et récupération de Régine, la fiancée qu'il avait répudiée. Un autre mystique, moins compliqué, Angelus Silesius, exalte l'instant d'éternité perçu dans la beauté des êtres et des choses : « La rose est sans pourquoi », dit-il dans « le Pèlerin chérubinique ».
Saint-John Perse dit fortement, sans référence métaphysique, l'intensité d'un présent où l'Amant se sait aimé par l'Amante : « Bonheur d'être ». Sartre, plutôt pessimiste, reconnaît bien l'existence de « l'instant parfait », mais il ne le repère que dans l'art, à l'audition d'un morceau de jazz, c'est-à-dire dans l'imaginaire.
En réalité, l'expérience quotidienne nous révèle bien l'évidence et la validité des instants forts et heureux. La conscience ordinaire, loin d'être naïve comme le croient certains phénoménologues, dépasse concrètement, dans le vécu de toutes les jouissances, l'opposition du réel et de l'imaginaire : elle jouit du présent.
De même, indifférente aux discussions sur la continuité ou la discontinuité du temps, elle est prête soit à passer d'un instant heureux à un autre, soit à cumuler les instants et à les synthétiser pour les élever du niveau du plaisir au niveau de la joie et du bonheur. La musique, toute faite de présent et de présence, ne rend heureux que si elle est aimée, c'est-à-dire fréquemment entendue.
Quoi qu'il en soit, l'instant est toujours créateur. C'est ce que montre bien Bachelard dans son très beau petit livre « l'Intuition de l'instant ». Ce moment ponctuel et intense est à la fois arrachement, rupture et dynamisme, il est le temps et la conscience en train de se créer : il est commencement. Ajoutons que, accordée à elle-même dans la jouissance, la conscience se fait l'auxiliaire de son propre mouvement temporel.

De ?
désolée je ne m'en souviens vraiment pas...


Ce coeur gros d'un avenir incertain trahit l'insatisfaction permanente de mes actes. Que faire pour me sentir vivre?... Mourir?...Aimer? La vie, ma vie n'est parfois pas assez large. J'étouffe des gestes quotidiens. Les années passent rien ne reste. Comment en profiter à chaque seconde? Je trouverai, sinon j'en fanerai. L'espoir fait vivre.
M.


AMIS
"selon la philosophie soufie, l'une des premières règles du bonheur consiste à s'asseoir avec des amis ou des gens que l'on aime. on s'assoie, on ne dit rien, on ne fait rien. On se regarde ou on ne se regarde pas. Toute l'extase vient du plaisir d'être entouré des gens avec lesquels on se sent bien. Plus besoin de s'occuper ou d'occuper l'espace sonore. On se contente d'apprécier cette muette coexistence."
Bernard weber
l'encyclopédie du savoir relatif et absolu


Derrière les fenêtres FIN

Le temps j’en ai à revendre. Bubble Boy peut rester deux heures sans bouger devant son verre. Seule sa main va et vient à sa bouche pour extraire de la cigarette quelques bouffées odorantes. Il parait que lorsque l’on arrive à rester longtemps en synchronisation avec quelqu’un, par étapes discrètes, on peut l’amener à le guider. C'est-à-dire, qu’après être entré en « communication » avec l’autre et en maintenant son rythme, alors on peut en changent quelques paramètres, amener l’autre à en faire autant. Ceci dit, je ne suis pas sûre d’y être une seule fois arrivée. Il ne faut pas que Bubble boy me voit venir. Imaginez ce que l’on peut éprouver si on s’aperçoit que quelqu’un nous imite…moi je ne veux pas que Buble boy pense cela. Alors, je vais endosser une bonne dose de courage parce que tout me monde va être témoin, dans ce café, de mon expérience. Je dois rester dans un état prolongé de synchronisation. D’habitude, je lis, j’écris, je pense, je téléphone, je bois mon café, je vis tout simplement. Là, je dois tout de même, tout en gardant un certain allant, trouver le levier qui me permettra de rentrer en contact avec Bubble boy. En même temps, aujourd’hui , je pourrai paraître fatiguée et j’aurai décidé de simplement boire un café sans aucune activité. Parce que Bubble boy n’est pas le seul personnage atypique du café. Je me fonds très bien dans la masse. Et puis, il est tout à fait normal dans nos sociétés d’avoir le droit d’apprécier de venir boire un café, un verre, manger un morceau, assis tranquille, seul avec ou sans bouquin et faire cela plusieurs fois par semaine !!! Que l’on soit grand, petit, vieux, jeune, moche ou pas, cela n’y change rien.
Je commence donc par prendre le rythme respiratoire de Bubble boy. Que va-t-il se passait si je le synchronise ? Vais-je atteindre le Nirvana ou découvrir ce que cela fait d’être lobotomisé ? Peut-être est-ce un gentil nounours qui n’a jamais appris à exprimer son trop plein d’amour ou un psychopathe tueur de vieilles dames ?

Et ça dure …et ça dure…
Une heure, il ne faut pas dormir
Deux heures, pas dormir…
Et effectivement…tout d’un coup ! Ai-je enfin laissé glisser mon ineffable Ego ? Un immense sentiment de solitude lourde, épuisante m’inonde. Devant cette overdose de solitude, je sors de l’état, je bouge. Je reprends le contrôle de mon corps. Mais quelque chose de surprenant arrive. Bubble boy s’agite aussi…AIE ! Les serveuses se regardent, me regardent. Il parle tout seul, semble très contrarié…J’avale ma salive, je sourie aux serveuses d’un air entendu. Mais bon, faut que je déguerpisse !! Zouh, je me lève, paye et m’enfuis bien vite.

Oulala, qu’ai-je fais ? Non, ce n’est résolument pas moi qui ai pu déclencher cela. Je ne faisais qu’une petite expérience de rien du tout, sans gravité, facile et gentillette. J’espère juste ne pas avoir réveiller un monstre ! Non, peut-être que mon agitation a juste troublé son moment de solitude. Peut-être qu’il aime sa solitude lui. Ou alors, en bougeant je l’ai guidé vers un mouvement. Peut-être que c’est moi qui suis schizophrène, mais je le cache bien. Cependant, il se pourrait que je n’ai pas appliqué correctement mes consignes et que ce soit lui qui ait pu lire mes pensées. Comme il n’est pas habitué à avoir plusieurs pensées (ou voix) dans la tête, il décompense. Ah mais, non ce n’est pas possible, j’ai une structure de névrosée. Me voilà juste un peu soulagée.

En tout cas, je ferai attention la prochaine fois que je voudrai, même sans mauvaise intention, jouer avec les sentiments des autres. C’est peut-être le maître zen à l’intérieur de Bubble Boy qui m’a donné une leçon. « Petit scarabée, tu te crois fort, mais méfies toi des puissances !!!». Merci Bubble boy, mais non merci.

Je pense en marchant dans la rue. « Ostie !! (enfin je ne disais pas ostie à cette époque, mais bon…) Finalement, je n’ai toujours pas osé aller au bout de mon expérience ! J’ai encore eu peur ! J’ai l’air malin avec mes conseils et « grandes pensées » !En plus, j’ai fini comme une balourde ! Il reste du travail à faire ! ».

Mais nous sommes qu’humains…j’accepte. Patience, parcimonie et délicatesse seront mes mots d’ordre tant que les émotions me meuvent, le reste n’est qu’histoire de vie.


Tout le monde est une drôle de personne,
Et tout le monde a l'âme emmêlée,
Tout le monde a de l'enfance qui ronronne,
Au fond d'une poche oubliée,
Tout le monde a des restes de rêves,
Et des coins de vie dévastés,
Tout le monde a cherché quelque chose un jour,
Mais tout le monde ne l'a pas trouvé,
Mais tout le monde ne l'a pas trouvé.

Il faudrait que tout le monde réclame auprès des autorités,
Une loi contre toute notre solitude,
Que personne ne soit oublié,
Et que personne ne soit oublié

Tout le monde a une seule vie qui passe,
Mais tout le monde ne s'en souvient pas,
J'en vois qui la plient et même qui la cassent,
Et j'en vois qui ne la voient même pas,
Et j'en vois qui ne la voient même pas.

Il faudrait que tout le monde réclame auprès des autorités,
Une loi contre toute notre indifférence,
Que personne ne soit oublié,
Et que personne ne soit oublié.

Tout le monde est une drôle de personne,
Et tout le monde a une âme emmêlée,
Tout le monde a de l'enfance qui résonne,
Au fond d'une heure oubliée,
Au fond d'une heure oubliée.

Carla Bruni
Tout le monde
2002 "Quelqu'un m'a dit"

15/07/2005

Derrière les fenêtres 2

Tout d’abord , la meilleure manière d’aborder la lecture de pensées est de prendre un exemple concret. Lorsque l’on est amicalement ou amoureusement proche d’une personne et que l’on est plongé dans une conversation où notre ego n’a aucune raison d’être présent, nous interagissons en harmonie avec l’autre. Il suffit de regarder sur les terrasses de café ou dans les restaurant deux individus dans cette situation. On remarque alors, qu’elles sont positionnées de la même façon, leur rythme respiratoire joue la même musique, les physionomies se reflètent l’une l’autre, le moindre changement de posture trouve une réponse immédiate et similaire dans la posture de l’autre. Alors pour entrer en contact avec quelqu’un de manière pleine ou, comme certains disent, se synchroniser avec une personne, certains s’entraînent volontairement à utiliser ces techniques. C’est avec subtilité que l’approche doit se faire , sinon se sentant singer , l’autre s’éloigne pour de bon et le rattraper demandera un effort soutenu. J’ai donc appris à faire cela pour des raisons professionnelles.

C’est ainsi que dans mon café observatoire, l’idée me vint de jouer un peu à ce jeu là. Parce que vous pouvez très bien n’utiliser qu’une des composantes de ces techniques ( la respiration ou la posture ou un mouvement ou un physionomie,etc. ) ou la combinaison de plusieurs en fonction du lieu ou de la personne. Imaginez-vous dans une salle de conférence. Vous pouvez tenter la technique avec le conférencier et vous verrez ce qu’il se passe. Bref, donc dans mon aire de jeu, je décide d’user un peu de cette technique. Je me trouvais en phase d’acceptation de ma présence nouvelle par le milieu et m’ennuyais quelque peu. Je vis alors, un personne très étrange que je nomma immédiatement Bubble boy. L’apparence physique de cet individu me faisait penser à un malabar mâché depuis 3 minutes. Mou, gluant, sans véritable consistance et relativement gros. Sournoisement (si si un peu quand même…je ne suis pas parfaite non plus !) que se passerait-il si je prenais, avec une grande discrétion, l’attitude, le regard, l’anatomie, le rythme respiratoire bref, la physiologie de Bubble Boy !! Me voilà toute émerveillée à ces pensées un peu saugrenues et je décide de me lancer.

Mais juste avant de commencer une idée bizarre émerge. Un trouble s’insinue dans ma tête. Qu’y a-t-il au fond de tellement différent entre ce pauvre homme et moi ? Moi, jeune femme blanche gentiment embourgeoisée et éduquée commence à m’agitait nerveusement sur mon siège. L’immersion dans un milieu d’observation vous réveille souvent des questions existentielles dont vous vous passerez. Je vous le dit, nous sommes bien peu de chose parfois et tellement beaucoup en même temps. J’hésite un peu à me mettre à l’ « imiter ». De quel droit le ferai-je ? Suis-je supérieure à lui ? N’ai-je pas déjà tout dit en lui donnant un surnom ?Alors une immense empathie commence à s’éveiller dans mon cœur. Ce qui ne devait être qu’un passe temps niaiseux va devenir une expérience de compréhension. Il est parfois bon de se regarder un peu la face (le visage). Parce que la réalité est que Bubble Boy et moi sommes assis tous les deux devant une boisson, dans le même espace spatio-temporel. Nous avons tous les deux les mains occupées par un objet (lui une cigarette, moi un stylo), nous sommes tous les deux blancs et dans la trentaine. Nous avons l’air pensif (enfin moi je pense, lui regarde dans le vide). Bon ok, mais quand même je ne suis pas lui et il n’est pas moi. Des différences (mais sont-elles d’une importance majeure) sont aussi là. Je suis plutôt bien habillée et surtout, j’ai les cheveux propres (ça c’est de l’argument !!!). J’ai l’air plutôt saine et fine et je ne reviens pas, comme lui, des toilettes avec le pantalon à moitié remonté (c’est bon, j’avoue, j’ai déjà oublié de remonter ma braguette le midi même, mais bon qui ne l’a pas déjà fait hein ? ). Donc pour finir la présentation, c’est un homme assis devant un verre de coca , les yeux dans le vide grillant cigarette sur cigarette. Mais, c’est peut-être un maître zen d’une branche peu connue ! Ben oui, moi je viens faire une étude exploratoire, alors pourquoi ne viendrait-il pas y méditer dans ce café aux odeurs de frites ? Et je confirme que parfois, il semble arriver à véritablement stopper ses pensées, en me basant sur l’inexpressivité totale de ses yeux. L’envie de savoir est de nouveau présente. C’est une sorte de curiosité maladive qui m’anime….enfin mais à quoi peut-il bien penser ??? Et surtout quelle pourra être sa réaction si je me mets à me synchroniser avec lui ?

Je pris donc mon temps.

13/07/2005

Derrière les fenêtres 1

Derrière les fenêtres

Jeanne a encore fait des siennes...

Ne vous est-il jamais arriver de vous dire : « Oops ! là, je n’ose pas ! » ? C’est notre cinéma intérieur qui s’anime. Normal, c’est le propre de l’angoisse de naturellement, nous aider à anticiper sur les évènements de la vie. Heureusement, qu’elle existe sinon au final nous ne ferions pas grand-chose. Le seul problème est que parfois, il n’y a aucune raison. Parce que comme dirait un de mes chers amis : « Ce n’est pas GRAVE ». En effet, l’intégrité physique ou moral est rarement mise en danger. Sinon, j’espère bien que vous seriez assez sages pour ne pas oser. Mais pour toutes ces fois où je n’ai pas oser….écrivons quelques lignes.

Alors dans nos peurs irrationnelles, que cachons nous ? Ma petite théorie qui semble être partagée, est que tout est de la faute de l’EGO. Pouvons nous passer outre les apparences ? Ne nous satisfaisons nous pas de ces apparences ? J’avoue que j’en joue. Les phrases dites à demi mots, les désirs et les troubles, les opinions et les avis dévoilés sous des actes et des paroles déguisés sont le quotidien de la plupart d’entre nous. Alors forcement, on est en droit de se méfier. Ne serait-il pas plus simple de dire les choses telles qu’elles nous apparaissent. Non, nous n’osons pas.

Nous jaugeons les autres, validons nos comportements peu francs et le monde continue ainsi de tourner….comme si nous pouvions l’arrêter. Nous ne sommes pas grand chose, un peu d’humilité ne ferait de mal à personne. Je ne dis pas de ne pas prendre en considération nos désirs et vie. Ce serez ridicule de ne pas rêver à une vie extraordinaire et d’utiliser les moyens pour réaliser ce souhait. Parce que nous ne sommes là que pour un temps. Tout a une fin, alors plutôt que de faire, d’agir, pourquoi jouons nous aux virtuoses de la manipulation et de la prestidigitations. PEUR. C'est stupide certes, mais c'est un état de fait. Mais bon, nous sommes comme nous sommes. On va pas se mettre à chialer non plus.

Tout cela pour en venir à l’histoire de Bubble boy et moi. Assise dans un café, en période d’observation intensive, armée de l’ensemble de mes grilles d’analyses, aseptisée de l’esprit cartésien, j’ai découvert cet être. Ma mission été pourtant simple : observer, noter, analyser et avec un peu de chance ou de travail, théoriser. Le microcosme d’un café londonien fut donc mon laboratoire ou mon aire de jeu pour un temps. Finalement, dans un café entre 14H00 et 16H00, la population est surtout faite de paumés, de chômeurs, de reclus de la société pour X raisons , de vieilles personnes et, éventuellement, d’une scientifique fraîchement moulue elle-même en proie à ses propres démons.

L’observation des comportements des autres consistent à regarder et à s’imprégner de leurs gestes, leurs postures, leurs tons de voix ou leur manies en tout genre. Le scanner passe en revue les points forts, les points faibles, les récurrences ou les redondances. Grâce à un certain statut dans la société, on me donne le droit, que je prends avec prétention, de déterminer ce qu’ils signifient et quelle en est l’importance. Le côté sympathique est d’essayer de deviner ce que les gens qui nous entourent ( et là j’ai le champ libre) pensent réellement, leurs préjugés ou les vraies pensées qui les animent tout en évitant nos propres préjugés. C’est un point important à souligner. Il est essentiel d’être au maximum ouvert d’esprit et sans un esprit critique trop développé, pour ainsi, laisser émerger la réalité (aussi étrange fut elle) de ces autres. La capacité de lire dans l’esprit des êtres qui nous entourent en toute impunité, à la limite du voyeurisme. C’est bon ça ! Et à bien y réfléchir, nous le faisons un peu tous au quotidien….. « Ah ! s’il fait ça, ça veut dire que… », vous connaissez ? C’est une façon de se mettre dans les chaussures de l’autre. Attention de ne pas s’y perdre, parce qu’à force on risque d’avoir des ampoules !

Alors comment fait-on pour lire les pensées de l’autre ? Héhéhé !!! Cela nécessite un peu de pratique, mais ce n’est pas si compliqué. Pourtant, avant d’essayer sur des personnes un peu bizarres, commencez tranquillement. Dès que vous serez prêts…..partez à la rencontre de l’étrange. Gardez votre sang froid. Rappelez-vous que ce ne sont pas vos gaudasses dans lesquels vous marinez…alors patience et pas de panique. Mais parfois…

Histoires en vrac

Le paradoxe de Zénon

A l'époque D'Aristote, vivait dans un grenier d'Athènes un rat particulièrement érudit, expert en calculs compliqués, démonstrations subtiles et profondes spéculations philosophiques. Nul ne le surpassait en éloquence et en agilité d'esprit. Avec lui, on n'avait jamais le dernier mot. Ses connaissances paraissaient illimitées. Bref, il passait pour un sage.
Une nuit un chat errant traversa son grenier. Au lieu de grelotter de peur et de détaler sur-le-champ à la cachette d'une cachette sûre, le rat se dressa tranquillement face au chat et le toisa d'un air entendu et quelque peu hautain.
-Es-tu donc stupide? S'étonna le chat, ne sais-tu pas qu'il me suffirait d'un seul coup de griffe pour mettre fin à ta misérable existence?
-Impossible affirma le rat dur un ton péremptoire.
-Et pourquoi donc? Explique moi cette merveille
-Certainement pontifia le rongeur. Ecoute moi bien attentivement. Pour m'atteindre, ta patte griffue doit nécessairement aller du point A au point B. Mais elle doit d'abord passer par le point C Qui marque la moitié de cette distance. Seulement pour aller du point A au point C, elle doit parvenir au point D, qui est à mi-chemin./ Et ainsi de suite, à l'infini, puisque chaque section est divisible par deux. Ca ne s'arrête jamais. Donc , très logiquement, tes griffes ne peuvent en aucun cas franchir la distance qui nous sépare. C'est évident: comment pourrais-tu provoquer notre réunion?
Le chat aussitôt assena un coup de patte rapide comme la foudre et embrocha le rat.
-Comment est-ce possible? Balbutia le rongeur moribond. -C'est que , mon cher, nous étions déjà réunis avant même que tu ne pousses ton premier couinement.

De ?

Une histoire vraie?

Elle vient de mon arrière grand-mère espagnole, tu sais le sage. C'est d'elle dont je tiens également l’histoire du "petit coucou pelé", histoire qui vous sera peut-être un jour révélée…

Le titre : Si les choses vont mal c’est que l’on est un enfant du dessous du lit..

Et bien oui, un jour Dieu décida d'aller voir un peu comment allait Eve. Celle-ci fut prise de panique parce qu'elle avait plein d'enfants, donc avait croqué le fruit défendu un peu trop souvent. Comme elle ne savait pas comment Dieu allait réagir, elle cacha le maximum d'enfants qu'elle pu sous le lit.
Dieu arriva et devant la candeur de ces quelques petits êtres humains, tout blonds, dodus, bronzés, il fut ému. Il leur donna tout ce qu'ils voulurent, des cadeaux la beauté, l'argent; la santé, etc.
Voilà pourquoi, aujourd'hui sur terre, il y a toujours des gens qui ont tout d'un côté et ceux qui n'ont rien de l'autre; les enfants de dessous du lit.
M.

Fuck le bonheur
"Un nouveau stupéfiant envahit les sociétés occidentales: le culte du bonheur. Soyez heureux ! Terrible commandement auquel il est d'autant plus difficile de se soustraire qu'il prétend faire notre bien. Comment savoir si l'on est heureux? Et que répondre à ceux qui avouent piteusement: je n'y arrive pas ? Faut-il les renvoyer à ces thérapies du bien-être, tels le bouddhisme, le consumérisme et autres techniques de la félicité? Qu'en est-il de notre rapport à la douleur dans un monde où le sexe et la santé sont devenus nos despotes?
J'appelle devoir de bonheur cette idéologie qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément, cette assignation à l'euphorie qui rejette dans l'opprobre ou le malaise ceux qui ne s'y souscrivent pas. Perversion de la plus belle idée qui soit: la possibilité accordée à chacun de maîtriser son destin et d'améliorer son existence. ...."

de ?

Farfadets

L’histoire que je vais vous conter est celle d'Alexandre Berbiguier de Terre Neuve du Thym,citoyen de Paris au 19eme siècle qui fut conduit aux bûchers de l'Inquisition. Il était harcelé par les "farfadets" et n'avait rien trouvé de mieux que de les enfermer dans des bouteilles. La recette était très simple et c'est lui qui te l'explique: " Lorsque je les sens, pendant la nuit, marcher et sauter sur mes couvertures, je les désorientent en leur jetant du tabac dans les yeux; ils ne savent alors où ils sont. Ils tombent comme des mouches sur ma couverture. Le lendemain matin, je ramasse bien soigneusement ce tabac avec une carte et je les vides dans mes bouteilles où je mets du vinaigre et de poivre. Je cachette la bouteille avec de la cire d'Espagne..." Pauvres farfadets .........
Maintenant, ce que l'on sait moins, c'est que cette individu est mon arrière grand oncle. M. Berbiguier voulait faire don de sa collection de bouteilles remplies de farfadets à la première fille de la famille naît un 14 août. Bon, il était peu probable que cela arrive, mais il faut croire que ce vieil homme n'était pas qu'atteint de folie douce , mais possédait aussi un don de voyance. J'en ai donc hérité.
Je me fait un devoir aujourd'hui de distribuer ces petites bouteilles à mes ami(e)s. Pourquoi? C'est à double tranchant quand on connaît un peu les farfadets.
En effet, ces derniers étaient appelés incubes ou encore succubes quand ils importunaient les hommes. Même si je sais qu'ils peuvent être farceurs, les bouteilles que j’envoie et donc leurs farfadets respectifs seront gentils. Ils ne font rien de mal, sinon qu'ils veulent par tous les moyens, satisfaire leurs envies. Comme bien souvent bloqués par les conventions sociales nous ne le pouvons pas, je laisse le soin à mes petits amis de le faire pour nous.
M.

Pour elle
« Elle a su déchirer l’écorce qui enveloppait ce cœur orgueilleux toujours prompt à se replier sur ses frontières, mais si pareil au sien par le refus d’abandonner la sauvagerie de l’enfance. Elle a su la contraindre en lui offrant le don de l’amitié la plus haute à faire remonter des grands fonds vers la lumière tout ce que sa nature défiante avait confiné et laisser dépérir. »
L-R des Forêts

02/07/2005

Spéciale dédicace à Nymphe

On vous le dit souvent, les enfants sont moins cons qu'on le pense...alors un conseil éviter de leur mentir...
Et puis le mensonge c'est pas très beau de toute façon....Pourtant tous les jours nous en faisons. Il paraît que les femmes mentent plus que les hommes en moyenne par jour. Mais, les femmes mentent apparemment dans un but altruiste (si si ta robe est belle, etc), alors que les hommes le font pour réhausser leur égo (Je suis hyper fort en....).

En tout cas.....juste une bafouille de "je ne sais plus qui et c'est dommage " sur la formule: ça va? Parce que dire le fond de sa pensée, n'est pas toujours facile...

" Comment allez vous? Les hommes dans l'histoire ne se sont pas toujours salués de cette façon: ils évoquaient sur eux la protection divine et l'on ne s'inclinait pas devant un manant comme devant un chevalier. Pour que la formule "ça va?" apparaisse, il faut quitter la relation féodale et entrer dans l'ère démocratique qui suppose un minimum d'égalité entre des individus séparés, soumis aux oscillations de leurs humeurs. Une légende veut que cette expression, en français du moins, soit d'origine médicale: comment allez-vous à la selle? Vestige d'un temps qui voyait dans la régularité intestinale un signe de bonne santé.

Cette formalité lapidaire, standardisée répond au principe d'économie et constitue le lien social minimal d'une société de masse soucieuse de réunir des gens de tous horizons. Mais elle est parfois moins de routine que d'intimidation: on veut contraindre la personne rencontrée à se situer, on veut la pétrifier, la soumettre d'un mot à un examen approfondi. Où es-tu? Que deviens-tu? Discrète sommation qui ordonne à chacun de s'exposer dans la vérité de son être. Car il y a intérêt que ça aille même si l'on ne sait pas où ça va dans un monde qui fait du mouvement une valeur canonique. En quoi le "ça va" machinal qui ne demande pas de réponse est plus humain que le "ça va?" plein de sollicitude de celui qui veut vous mettre à nu , vous acculer à un bilan moral. C'est que le fait d'être désormais ne va plus de soi et nécessite une consultation permanente de son baromètre intime. Est-ce que je vais si bien après tout, est-ce que je n'enjolive pas? De là que beaucoup éludent et coupent court, supposant à l'autre assez de délicatesse pour déchiffrer dans leur "ça va" un discret abattement. Terrible à cet égard cette élocution du renoncement: "on fait aller" comme si l'on était réduit à laisser les jours et les heures circuler sans y prendre part. Mais, pourquoi faudrait-il que ça aille après tout? Tenus journellement de nous justifier, il arrive souvent que nous relevions d'une autre logique . Tellement opaques à nous mêmes que la réponse n'a plus de sens même à titre de formalité.

"Tu as l'air en pleine forme aujourd'hui." Tombant sur nous à la façon d'une coulée de miel, ce compliment a valeur de consécration : dans le face-à-face des radieux et des grincheux, je suis du bon côté. Me voici, par la magie d'une phrase, placé au sommet d'une hiérarchie subtile et toujours mouvante. Mais le lendemain un autre verdict tombe, impitoyable: "comme tu as mauvaise mine". Ce constat me fusille à bout portant, m'arrache à la position splendide où je me croyais installer pour toujours. J'ai démérité de la caste des magnifiques, je suis un paria qui doit raser les murs, cacher son teint brouillé à tous.

En définitive " comment ça va?" est la question la plus futile et la plus profonde. Il faudrait pour y rétorquer avec exactitude procéder à un inventaire scrupuleux de son psychisme, à de minutieuses pesées. Qu'importe: il faut dire oui par politesse, civilité et passer à autre chose ou ruminer la question une vie entière et réserver sa réponse pour après."

de ?

Maintenant si vous aimez l'introspection et que vous avez deux minutes, il y a des personnes prêtes à vraiment répondre à cette question...ou à vraiement en écouter la réponse....alors et vous? ça va?
M.

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