22/06/2005
Cupidon joue avec Mélusine 4
Mélusine se lève donc après une nuit agitée. « Ben maintenant, je crois que je vais y aller !! J’ai tout mon amour à exprimer !! ». L’épanouissement de son visage était complet. Jamais Nenuf n’avait vu combien la petite fée pouvait rayonner. Une petite rafle de vent effleure la main de Nenuf saluant son amie qui s’est envolée. Mélusine vole avec grâce et rapidité. Un looping par ci, un looping par là, elle file entre les branches et les troncs de la forêt avec gaîté. La fée sent battre son cœur et sent le sang gonflé ses veines. L’air qu’elle respire rappelle mille fleurs. Elle éclate parfois de rire. Ce n’est pas surprenant pour Mélusine qui se sert de son humour et de son sourire pour séduire. Mais ces rires là, en plein dans sa course folle, résonnent intensément comme ils s’enfuyaient du tréfonds de son corps. Alors qu’elle effectuait un virage serré, une petite pierre vient la heurter.
Elle s’arrête pour voir d’où elle provenait. Oh non, c’est Boby le gnome ! « Il faut bien un être gnome pour s’appeler Boby !! »avait souvent pensé Mélusine. « Qu’as-tu donc écervelée tête de fée à toutes ailes déployées ?? On t’as-tu pas appris le sens des priorités !! Tu vas trop vite dans mon quartier !! ». « De quoi parles-tu vilain Gnome ? Si je n’étais pas si gaie, je viendrais te donner une bonne leçon !! » répliquant la voix taquine de la fée. « ça s’peux-tu que tu sois vraiment enjouée ? Qu’est- ce qui peut bien se passer ? » niaisa Boby. « Sais-tu que je suis amoureuse ? Oui, amoureuse de la plus belle des petites créatures du champ des bleuets ! » chanta Mélusine. Le gnome se mis à rire, mais à rire tellement qu’il s’en roulait à terre. Au début la fée riait aussi, mais commença à se demander ce que le gnome avait. « Ok, gnome fou, ça suffit maintenant !!! » Mais, le Gnome redoubla ses gloussements. Alors qu’il commençait à pouvoir de nouveau respirer, Boby essaya de parler. Ce n’est qu’après de nombreuses minutes de ses simagrées qu’enfin il articula : « Pauvre imbécile que tu fais !! Une créatures du champ des bleuets ! Ah, vraiment que tu es la plus niaise des fées ! Tu sais-tu pas que toute son espèce est touchée par une malédiction depuis des milliers d’années. Elle ne peuvent prendre que des elfes pour bien-aimés !! Alors tu comprends que t’entendre dire que tu es amoureuse de l’une d’entre elles et t’en vanter !!Avoues que j’ai de quoi t’embêter ! ».
Mélusine est pétrifiée. Elle tente de bien comprendre les mots du vilain gnome. « Dis-tu que la créature ne pourra jamais m’aimer ? », demande-t-elle. « Mais vas-y quand même lui demander ! » secouant la tête, et haussant les épaules le gnome s’en alla. Mélusine ne croyait pas ce que le gnome venait de dire. Enfin… Non ! Elle ne croyait pas ce que le gnome disait. Pourtant… Peut-être disait-il vrai, car jamais elle n’avait entendu d’histoire d’amour entre une créature du champ des bleuets et une fée. Voilà que son estomac se remettait à se serrer, et les mouvements de ses ailes n’étaient plus coordonnés. Elle respira un grand coup et décida finalement qu’il était plus sage de rentrer chez elle. En passant près de son châtaigner, elle aperçut au loin la créature adorée. Elle s’arrêta sur une feuille et commença à l’observer. Elle resta là des heures et quand elle vu le soleil se coucher, elle ne pouvait pas croire qu’elle y avait passé la journée.
Ce n’était donc pas aujourd’hui que Mélusine irait lui parler. Elle passa la nuit à peser le pour et le contre de ce que le gnome lui avait révélé. Si la créature ne pouvait l’aimer, pourquoi irait-elle dévoiler ses sentiments ? Puis, comment savoir si c’est pas vrai ? Autant se dire que c’est pas vrai et aller lui parler. Ces phrases, la fée les avait ressassé toute la nuit, mais l’aube pointe et il va bien falloir qu’elle prenne une décision. En effet, elle se sent en fait un peu malade et elle sait que cela ne peut pas durer. Elle tourne en boucle dans son salon. « OUI, non, OUI, non ..Oui, j’y vais ! Je vais trouver la créature du champs des bleuets ! ». Elle s’envole telle une fusée.
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21/06/2005
Cupidon joue avec Mélusine 3
« NENUF !! » s’écrie la petite fée en se redressant brusquement. « Et bien mais qu’y a-t-il ? Ne cries pas de la sorte tu m’as presque blessée ! » gronde Nenuf. « C’est catastrohifique, horrifiannique !!!La petite créature est revenue dans mon rêve ! » s’agite Mélusine. Des dégradés de rouge apparaissent de plus belles à ses pommettes. « Ecoute Mélusine, la nuit est tombée, mettons nous près du feu, je vais nous préparer un thé et tu vas tout me raconter ». « Je ne pourrai rien avaler, mais je veux bien te parler » dit la fée. « Voilà, je me promenais comme à mon habitude parmi les paysages colorés du monde des rêves des fées. Quand je vois arriver sur un chemin pourpre la jolie créature. Tu penses bien que je m’en étonne, il n’y a jamais personne dans le monde des couleurs. Nous nous rejoignons et commençons à discuter. Puis nous rions, ce qui n’est pas déplacé. Et là, je ne sais pas pourquoi, mais devant ses yeux si profonds, je me suis penchée et…..je l’ai embrassée. » La voix de la fée est à peine audible. Pourtant les yeux émerveillés, elle continue de conter : « Ses lèvres avaient le goût des framboises chauffées au soleil et la douceur d’un duvet qui te chatouille le nez. Les mots que le leprechaun Verlaine chantonne à chaque nouvelle journée de sa voix ronde et pleine, résonnaient dans ma tête : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant, d’une femme inconnue et que j’aime et qui m’aime, et qui chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. ». Et puis, devant tant de sensations étranges parcourant mon corps je me suis réveillée croyant étouffer. Tu vois que je suis possédée ! ».
Nenuf fronce les sourcils l’air pensif. Elle se gratte tour à tour le menton et le front. « Je crois que les signes sont là, il n’y a plus de doute possible, regarde tes ailes scintillent d’une autre couleur. Ce n’est pas de magie dont il s’agit. Mélusine tu es amoureuse de la jolie petite créature. » « Non mais non ! » s’offusque la fée « C’est impossible ! » «Ecoute…. dit Nenuf, crois-tu que ce sont des tamtams que tu entends au loin ? Ce sont pourtant bien les battements de ton cœur enflammé ! ». « Mais que vais-je devenir ? Les amoureux deviennent fous, c’est ce que j’ai toujours vu. Et pourtant, une chaleur étrange me nourrit. Et plus les minutes passent et plus j’ai envie de voir la jolie créature. Je suis à la fois sonnée et transportée. » Le fée se relève et se met à danser. Mélusine se rassoie et s’approche de l’oreille de Nenuf pour chuchoter : « Que dois-je faire à présent ? ». Son amie la regarde avec des yeux bienveillants et répond : « Tu vas aller la trouver et dévoiler tes sentiments. ». « Crois-tu ? » interroge Mélusine en penchant la tête d’un air dubitatif. « Et bien, c’est dans l’ordre des choses. C’est comme cela que l’on fait. » avance la guide des fées. Elle ajoute : « Rendors toi et ne sois pas effrayée par tes rêves, ils sont tels qu’ils sont et méritent que tu les accueillent. Demain, tu iras la trouver et le dé du destin sera lancé. »
16:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/06/2005
Cupidon joue avec Mélusine 2
Cupidon a fait son œuvre et d’un clin d’œil aux cieux se retire bien satisfait. Mélusine titube, comme droguée. Ses membres sont à la fois engourdis et légers. « J’ai du boire un peu trop le nectar de la fleur spéciale ! » pense-t-elle et décide d’aller se reposer à l’ombre d’une feuille de son cher châtaigner.
Elle s’endort dans un état de torpeur enveloppant. Alors que les rêves de la fée visitent toujours des endroits merveilleux du pays des couleurs magiques, son sommeil est perturbé par l’arrivée de la petite créature avec qui elle rie tant. Surprise par cette présence inopinée, elle s’éveille en s’étirant. Elle secoue la tête comme pour mieux laisser s’évanouir les dernières images de son imagination et recoller à la réalité. La petite fée cligne des yeux et émet un large bâillement. Comme tous les jours, elle s’apprête à embrasser du regard la vue du monde, si belle vue du haut de son arbre. « Décidemment ! » Elle cligne de nouveau les yeux, secoue plus fortement sa tête faisant apparaître des étincelles. « Non, mais qu’est ce que c’est que ça maintenant ? » Rien n’y fait, elle a l’image de la petite créature gravée à sa vision. Elle s’assoie pour mieux réfléchir. Ce visage est si clair, et si mignon, voilà qu’elle tremble à présent en contemplant ce souvenir visuel qui ne veut pas s’évanouir. Peu à peu, sournoisement, son estomac se noue de plus en plus fort. « Je suis possédée ! Une mauvaise sorcière a encore voulu me jouer un méchant sort ! ». Un peu chancelante, elle se remet debout et s’envole pour aller voir son amie de la forêt qui la guide dans son travail de fée. La route est dangereuse, la forêt et si dense et sa vision toujours en proie aux hallucinations.
Mélusine arrive un peu affolée chez Nenuf son guide et meilleure amie. « Et bien que t’arrives-tu ? Tu sembles désorientée ? Rien de grave, j’ose espérer ! » Nenuf, n’a jamais vu la petite fée avec des yeux si grands ouverts et paniqués. « Je suis possédée ! Je pense que l’on m’a droguée ! Mon estomac me tiraille, je suis étourdie et j’ai des visions ! ». Nenuf réfléchit. «As-tu bu un de ces nectars floraux qui font rire ? ». « Non » jure Mélusine, « Enfin seulement quelques gorgées… ». Nenuf sourit : « Et bien pourquoi t’en fais-tu alors, tu en connais les effets ! ». La petite fée se tortille sur place, l’air bien gêné. « Et bien parle enfin Mél, tu sais bien que tu peux tout me dire ». « C’est que je n’ai pas plusieurs images hallucinogènes, mais une seule…c’est….c’est… ». « Et bien qu’est-ce donc ? » s’inquiète Nenuf. « C’est le visage de la jolie petite créature dont je t’ai déjà parlé. » A ces mots Mélusine se met à rougir. Avez-vous déjà vu un arc-en-ciel de différentes teintes de rouges ? C’est ainsi que les fées rougissent. Les couleurs en sont si intenses que la petite fée cache vite son visage entre ses mains. Nenuf réfléchit encore. « Hum, peut-être devrais-tu aller encore te reposer, le nectar était sans aucun doute frelaté. »
Nenuf offre deux belles feuilles de sauge comme couche à son amie la fée. « Dors sans inquiétude, ces plantes vont te guérir bien vite. Je vieille sur toi. Ferme les yeux, il est l’heure pour toi de te calmer. Glisse dans le sommeil petite fée, le monde merveilleux des couleurs t’attend et va te ressourcer…dors….dors.. » Nenuf couvre Mélusine qui vient de s’endormir. Elle regarde la fée dont le visage est enfin détendu et le souffle devenu plus lourd et pense : « Il y a effectivement quelque chose de changer…je me demande ce que cela peut-être… ». Pendant que la fée dort, Nenuf recherche les sortilèges éventuels qui auraient pu lui être jetés. Elle évoque les esprits de la forêt pour qu’ils la purifient, lui verse des gouttes de rosée de roses sauvages. Tout y passe, s’il s’agit de magie, la fée devrait être désenvoûtée, s’il s’agit d’une potion ou d’un mauvais nectar, elle devrait être désintoxiquée. Attendons qu’elle se réveille.
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